UN ARGENTIN AU LOUVRE


#TAC019
Ensemble Almaviva

Leo Brouwer
Tableaux d’une autre exposition

Gustavo Beytelmann
Un argentin au Louvre

Oscar Bohórquez violon
Clément Caratini clarinette
Elisa Huteau violoncelle
Ezequiel Spucches piano
Mónica Taragano flûte


Une promenade musicale à travers les salles d’un musée imaginaire : deux compositeurs latino-américains, le cubain Leo Brouwer et l’argentin Gustavo Beytelmann, posent un regard singulier sur une série d’œuvres iconiques, parcourant plusieurs siècles de l’histoire de l’art occidental.


EN CONCERT à la Villa EMERIGE
le 7 octobre à 19h30
7 Rue Robert Turquan – 75016 PARIS
Réservation obligatoire à  contact@ensemblealmaviva.com



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Bien que leurs langages respectifs soient très personnels, les deux cycles possèdent de nombreux points de convergence : le Portrait de Chopin de Delacroix, mis en musique par Leo Brouwer, nous conduit dans le même Musée du Louvre que celui que Gustavo Beytelmann se propose de nous faire visiter. De la même manière, les références au tango et à Piazzolla que Brouwer glisse dans sa vision de Pop construction de Rauschenberg, nous ramènent à l’écriture de Beytelmann ainsi qu’à son histoire personnelle (il fut le pianiste de l’une des formations de Piazzolla). Enfin, et c’est peut-être le point de convergence le plus significatif, les deux compositeurs choisissent de parler de l’universel à travers un langage qui leur est propre, empreint de références à leurs origines, manière indirecte de nous rappeler que la connaissance de soi est sûrement le seul moyen de parvenir à la connaissance de l’autre.

Le disque s’ouvre sur la série Tableaux d’une autre exposition de Leo Brouwer, pour violon, violoncelle et piano. Six tableaux, six peintres et autant de pays. Point de promenade dans ce clin d’œil à Moussorgski mais plutôt des motifs récurrents qui procurent à l’ensemble des pièces une grande cohérence.

L’ordre d’exécution des pièces étant livré au choix des interprètes, nous commençons la série par Le jardin des délices de Bosch. En forme de triptyque, rappelant ainsi la structure de l’œuvre originale, la pièce s’ouvre sur une sorte de « Big Bang » sonore qui s’organise peu à peu, faisant penser à l’origine du monde et de la vie. La partie centrale, écrite sur une rythmique afro-cubaine lente, est une référence indéniable à l’Eden. Pour le Portrait de Chopin de Delacroix, Brouwer utilise librement un motif du mouvement lent de la Troisième Sonate pour piano du compositeur polonais. Le violon et le violoncelle brodent des lignes mélodiques qui traduisent la fébrilité de l’esprit romantique, les harmonies sur accords augmentés suggérant cette aspiration au sublime caractéristique de la musique de Chopin. Les Désastres de la guerre de Goya se construit grâce à une alternance entre un thème rapide écrit sur une base rythmique irrégulière – dans laquelle le violoncelle s’exprime sur des intervalles qui nous font penser aux appels des cuivres – et une partie plus lente chargée d’une tension quasi expressionniste. Le Nu couché du peintre italien Amadeo Modigliani se reflète à travers une écriture presque extatique à la sensibilité exacerbée. Comment ne pas penser au film La Grande Bellezza du réalisateur Paolo Sorrentino et à ses images figées de l’art et de l’architecture de Rome ?
A deux reprises, des sections vivacissimo, presque violentes, nous rappellent à quel point la passion se cache derrière cette image languissante de nu féminin. Dans La jungle du peintre cubain Wilfredo Lam, après une première partie qui évoque la dimension sauvage de la nature cubaine, nous retrouvons le motif de la partie centrale du Jardin des délices. Cette courte autocitation serait-elle un manifeste politique ? Brouwer nous confie musicalement que ce paysage cubain est une possibilité de l’Eden. Le cycle se termine avec Pop construction du peintre américain Robert Rauschenberg. L’utilisation que fait le peintre de la technique du collage et d’images iconiques issues de la culture américaine se décline musicalement grâce au recours à la citation et au pastiche. Les motifs musicaux proposés nous suggèrent aussi bien des accents de jazz que des airs de Broadway. Mais un autre personnage se cache dans ces références : un extrait de La mort de l’ange de Piazzolla jaillit à la main droite du piano de manière inopinée, et c’est ensuite toute la partie centrale de la pièce qui rend hommage au tango. C’est par ce clin d’œil que Brouwer nous rappelle la jeunesse new-yorkaise de ce grand musicien des trois Amériques qu’était Piazzolla.

Nous voilà introduits par Brouwer dans l’univers du tango ! Univers que Gustavo Beytelmann explore, détourne et tord jusqu’à en perdre les contours. Les pièces de son cycle Un argentin au Louvre sont écrites pour un quintette de type Pierrot Lunaire, mais à l’intérieur duquel l’absence momentanée de certains instruments (quelques-unes des pièces étant écrites pour un instrument seul, pour un trio ou pour un quatuor) renouvelle sans cesse la curiosité de l’auditeur.

La série s’ouvre par La Liberté guidant le peuple qui nous invite à retrouver Delacroix. Peut-être la pièce la plus directement reliée à l’écriture du Tango Nuevo, elle reflète l’énergie et l’accent dramatique de la toile grâce aux grands contrastes dynamiques. Pour Le Bain turc d’Ingres, les volutes mélodiques et les harmonies orientalisantes dépeignent un décor empreint de sensualité et d’hédonisme. Dans Les archers de Darius, frise d’origine perse, l’écriture pour trio rappelle le côté rigide, presque monolithique de l’image, grâce à l’utilisation d’accords de triades parallèles au piano
et de passages à l’unisson entre le piano, le violon et la clarinette. La version musicale de L’arbre aux corbeaux du peintre allemand Caspar D. Friedrich réussit à transmettre tout le dramatisme et l’intensité du tableau grâce à une palette sonore dense qui rappelle l’écriture d’un choral.
La Vénus de Milo, écrite pour quatuor, joue sur des changements constants de mesure, qui procurent une vaste liberté au discours. Cette flexibilité contraste avec la densité de l’écriture instrumentale, évoquant ainsi le marbre qui devient fluide sous la main de l’artiste. Mais c’est peut être l’idée du mystère qui établit plus clairement le lien avec l’œuvre concernée. De ce mystère, il est à nouveau question dans le tableau et dans la pièce suivante : la flûte, absente de la Vénus, revient dans sa version d’alto et dans un rôle soliste, dessinant une ligne pleine de pudeur et de sensibilité. C’est ainsi que Beytelmann voit la célèbre Mona Lisa de da Vinci, évoquant en musique, comme le fait le maître italien, l’idée de sujet et d’arrière-plan. La clarinette basse joue ensuite en solo la pièce inspirée de la Mosaïque du Phénix, du Ve siècle, l’une des dernières manifestations de l’art antique. Ce long monologue explore toute la tessiture et l’immense palette dynamique de la clarinette basse. L’image de l’instrument soliste, monodique, n’est pas sans rappeler cette image d’une extrême pureté du Phénix posé, seul, sur son semis de roses. Vient ensuite Le Pied-bot, de Ribera. Dans la première partie, la clarinette est accompagnée par le piano : ici, c’est la tendresse qui prime, ainsi que le ton noble que le peintre a voulu donner à l’image à la fois touchante et désolante de ce mendiant. Après l’introduction, les autres instruments se joignent au duo pour nous faire entendre une mélodie à l’unisson. Nous retrouvons ici et de manière plus nette le langage du tango. La dernière pièce du disque, peut-être la plus complexe en termes de forme et d’écriture, dépeint non seulement un tableau mais toute une salle du Musée du Louvre : celle dédiée aux Fêtes Vénitiennes, qui rassemble, entre autres, des tableaux de Guardi, Canaletto et Bertuzzi, les grands maîtres de l’Ottocento. Dans la partie centrale, le violoncelle, qui a ouvert la pièce avec un motif énergique pointé par des accents saccadés du tutti, prend un rôle de soliste et développe une longue cadenza expressive qui nous conduit à la partie finale, où la rythmique tanguera fait à nouveau irruption pour évoquer les somptueuses fêtes auxquelles la série de tableaux fait allusion.

Ezequiel Spucches
Pianiste et directeur artistique de l’Ensemble ALMAVIVA



Oscar Bohórquez violon
Clément Caratini clarinette
Elisa Huteau violoncelle
Ezequiel Spucches piano
Mónica Taragano flûte

Direction artistique : Ezequiel Spucches
Direction artistique Un argentin au Louvre : Gustavo Beytelmann
Enregistré au Studio Malambo à Bois Colombes
Ingénieur du son et mixage : Laurent Compignie
Mastering : Geoffroy Peuble
Design et mise en page : Diego Pittaluga @ TAC
Photo couverture : Depositphotos
Photos Ensemble ALMAVIVA : Diego Pittaluga et Mickael Gilles

Production : Pierre Riandet
Co-production : Ensemble ALMAVIVA / TAC | Territoire Art et Création
Label : TAC / Nowlands
Distribution : Absilone
Site Ensemble ALMAVIVA : www.ensemblealmaviva.com

Avec le soutien de l’ADAMI et de la SACEM
En partenariat avec Pianos Hanlet
L’Ensemble ALMAVIVA est conventionné par la DRAC Ile-de-France


ENSEMBLE ALMAVIVA

Fondé en 2003 par le pianiste Ezequiel Spucches, le guitariste Pablo Márquez et la flûtiste Mónica Taragano, ALMAVIVA est un ensemble instrumental spécialisé dans le répertoire classique et contemporain de l’Amérique Latine. Unique dans le paysage musical européen, il est constitué de musiciens curieux et passionnés issus pour la plupart de la culture latino-américaine.
Les missions de l’ensemble se construisent autour de trois axes fondamentaux :
Révéler la richesse du patrimoine musical des Amériques en proposant une lecture nouvelle des œuvres majeures, en explorant des répertoires peu joués et en participant activement à la création contemporaine à travers de commandes régulières auprès des compositeurs d’aujourd’hui

Promouvoir la transversalité entre les différentes formes artistiques (musique, danse, théâtre, arts plastiques et numériques…) afin d’accompagner le spectateur dans sa découverte par des expériences innovantes, en y associant le travail de talents émergeants ou confirmés

Susciter l’enthousiasme pour la musique de notre temps à travers des projets d’action culturelle et d’ateliers de pratique artistique. Les musiciens d’ALMAVIVA s’engagent ainsi à transmettre leur passion et leur savoir-faire à des publics n’ayant pas toujours accès à la musique et au spectacle vivant.

Depuis sa création, ALMAVIVA a aquis une large reconnaisance en France comme à l’étranger, se produisant notament au Concertgebouw d’Amsterdam, au Bolivar Hall de Londres, au Felicja Blumental Hall de Tel Aviv, au CETC – Teatro Colón, CCK, Teatro Ópera et Gran Rex de Buenos Aires, à la Salle Cortot, au Théâtre 13, au Théâtre Dunois, à l’Opéra Comique, à la Cité de la Musique, au CNSM de Paris, à La Scène Watteau de Nogent-sur-Marne, au Musée d’Art Moderne de Strasbourg, au Théâtre de la Manufacture de Colmar, au Carré Belle-Feuille de Boulogne ou Le Pin Galant de Mérignac, entre autres.
L’ensemble collabore régulièrement avec des compositeurs tels que Daniel D’Adamo, Thierry Pécou, Michèle Reverdy, Stéphane Magnin, Javier Torres Maldonado, Oscar Strasnoy, Arthur Lavandier, Fernando Fiszbein, Fabián Panisello, Gustavo Beytelmann, Dino Saluzzi, Aldo Brizzi ou Luis Naón.